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Quand j'ai commencé à peindre, toutes mes toiles représentaient des êtres étranges, des visages et des corps irréalistes et blessés.
Les couleurs étaient exclusivement chaudes, brutes, directes.
Les toiles présentées ci-contre illustrent pour la plupart cette première époque très spontanée.
Des amis ont alors écrit le texte ci-dessous :
" D'une douce tristesse, l'univers de Catherine Pouplain est peuplé de personnages baroques, au sens premier du mot qu’on usait autrefois pour nommer les perles imparfaites.
Souvent non finis, incomplets, leurs membres ou leurs traits exaspérés jusqu’à difformité, ils pourraient être disgracieux, mais ils sont beaux. Ils sont nus et pudiques à la fois. Discrètement vivants, mais têtes baissées et les yeux clos, comme pour mieux s'offrir à notre regard, à notre compréhension.
Leurs têtes et leurs corps nus nous livrent les limites et imperfections de nos propres corps et âmes. Mais surtout la douleur qu’entraîne cette prise de conscience. Ces êtres, d’une incroyable sensibilité, pourraient être la représentation tourmentée de l’Homme en perpétuel changement.
Face à ce constat certains semblent passifs, pensifs et muets… D’autres se débattent… Tous semblent impuissants à contenir le drame qui se joue en eux. Pourtant, comme des havres discrets, pointent çà et là des regards sereins, pansant les plaies de ces blessures intimes.
Quand les yeux mi-clos expriment la douceur et l’oubli d’un bienheureux sommeil de la conscience.
Catherine Pouplain aime les teintes chaudes et profondes. Les rouges, jaunes, oranges et marrons se mêlent en des couches successives, créant le relief de ses toiles. Et le noir qui sera le cadre, le trait qui accentuera les lignes du corps, le nombril ou le cœur. Le blanc aussi, éternel symbole de pureté.
Car ces hommes et femmes sont fait de pureté ou tout du moins y aspirent-ils, sans complexe."
Vladimir Cagnolari & Fredérique Hall, 2004